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Roquemaure
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Le monument aux morts

Décidé six jours après l’armistice de 1918, inauguré à la Saint-Roch 1922 et déplacé au pied de la digue en 2023 : l’histoire du monument aux morts de Roquemaure, œuvre du sculpteur Félix Charpentier.

Un peu d’histoire

Le 17 novembre 1918, six jours après la signature de l’armistice, le conseil municipal de Roquemaure, réuni en session extraordinaire sous la mandature d’Antoine Gaillardon, maire de Roquemaure, décida la réalisation d’un monument aux morts et la création d’un comité chargé de trouver tous les fonds nécessaires.

Toute la population de Roquemaure se mobilisa alors pour soutenir ce projet, en mémoire d’un fils, d’un père ou d’un frère mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918. Il fallut plus de deux années pour réunir les fonds : le monument coûta près de 30 000 francs, et la commune y participa pour 13 000 francs.

Les plans et la réalisation de l’œuvre furent confiés à M. Borasco, architecte en vue à Avignon. À l’occasion de la fête de la Saint-Roch 1922, avec la musique locale et tous les habitants, le monument fut solennellement inauguré : la cérémonie se déroula sous le signe de la joie, mais aussi des larmes.

Le monument représente la Patrie, revêtue des ailes élancées et glorieuses de la Victoire, tenant dans ses bras le brave tombé au champ d’honneur.

Composition du monument

  • Une statue réalisée par Félix Charpentier
  • Un socle en pierre orné des armoiries de la commune et d’une guirlande
  • Une inscription sur la face principale du socle : « La ville de Roquemaure à ses enfants morts pour la patrie 1914 1918 »
  • Une palme, qui exprime la gratitude des vivants et l’amitié des frères combattants
  • Des plaques de gratitude aux morts pour la France
Carte postale ancienne « Roquemaure (Gard), Monument commémoratif » : la statue ailée sur son haut socle aux armoiries, derrière une palissade, devant les arbres de la place

Le monument aux morts sur une carte postale ancienne

Le sculpteur : Félix Charpentier

C’est Félix Charpentier, sculpteur de renom, qui a été retenu pour la réalisation de ce monument. Né à Bollène en 1858, il entre en 1874 à l’école municipale des Beaux-Arts d’Avignon. À 20 ans, il intègre l’École des beaux-arts de Paris, reçu premier sur vingt-sept candidats au concours d’entrée.

Dès lors, son ascension est fulgurante : à trente-cinq ans, il a déjà reçu toutes les récompenses possibles du Salon des artistes français. Il compte parmi les figures artistiques les plus en vue de son époque et met son art au service de la IIIe République et de ses édiles.

Dans l’atelier de Félix Charpentier, l’esquisse préparatoire en plâtre du monument aux morts de Roquemaure est encore conservée, comme celle du monument de Bagnols-sur-Cèze. La statue définitive en diffère légèrement : elle est encore plus empreinte de chagrin. La France pleure ses enfants.

La statue du monument aux morts vue de près : la Patrie ailée soutenant le soldat tombé, sur fond de ciel bleu
La statue définitive, en pierre
Face principale du socle du monument aux morts : armoiries de la ville dans une guirlande, inscription « La ville de Roquemaure à ses enfants morts pour la patrie 1914 1918 », palme sculptée et plaque des noms à droite
Le socle : armoiries, inscription et palme

Le déplacement de 2023

Une consultation citoyenne

Dans le cadre du réaménagement du boulevard National et de la place de la Pousterle, la ville de Roquemaure a souhaité créer une esplanade piétonne, ce qui imposait de décaler le boulevard National au-delà de la haie de platanes. Avec ces travaux, le monument aux morts se serait trouvé plus près de la route : la mairie a donc étudié deux solutions d’aménagement pour l’intégrer au mieux dans ce nouvel espace.

Pour associer les habitants à la décision, la mairie a lancé une consultation citoyenne sur les deux options envisagées : maintenir le monument à sa place, ou le déplacer au pied de la digue, pour mieux le mettre en valeur. La consultation en ligne a duré quinze jours, du 31 janvier au 14 février 2022 ; un ordinateur était mis à disposition des personnes en difficulté avec le numérique. Le 14 février 2022, la municipalité a annoncé les résultats : 63,2 % des votants se sont prononcés pour le déplacement du monument.

Un transfert sous haute surveillance

Cette opération délicate et spectaculaire a eu lieu le lundi 17 juillet 2023 sur la place de la Pousterle : une entreprise spécialisée, à l’aide d’une grue de 70 tonnes, a démonté avec mille précautions le monument, composé de trois parties. Il a été remonté le 3 août 2023 au pied de la digue de la place de la Pousterle. L’opération de démontage et de remontage s’est très bien passée.

Le monument se dresse aujourd’hui sur l’esplanade Alphonse-Borrelly, inaugurée le 13 septembre 2024.

Les étapes

  • 31 janvier au 14 février 2022 · consultation en ligne des habitants
  • 14 février 2022 · 63,2 % des votants pour le déplacement
  • 17 juillet 2023 · démontage du monument, place de la Pousterle
  • 3 août 2023 · remontage au pied de la digue
  • 13 septembre 2024 · inauguration de l’esplanade Alphonse-Borrelly
Le monument aux morts pavoisé de drapeaux tricolores à son ancien emplacement, place de la Pousterle, entouré de sa grille, sous les platanes
Le monument à son ancien emplacement, avant 2023
Le monument aux morts sous un échafaudage, à côté d’une grue jaune, place de la Pousterle
Le déplacement du monument, en juillet 2023
Le monument aux morts de Félix Charpentier, la Patrie ailée tenant le soldat tombé, sur son socle sculpté, entre des mâts aux drapeaux tricolores, esplanade Alphonse-Borrelly
Le monument aujourd’hui, sur l’esplanade Alphonse-Borrelly

Merci à Bruno Justamond pour ses recherches historiques sur le monument aux morts.