La maison commune. L’ancien hôtel de ville, dit « maison commune », se trouvait sur la place Saint-Jean, renommée place Clément-V en 1899. Il faisait face à la porte principale de la ville, par laquelle entraient les personnages importants. Le bâtiment fut aménagé sous le règne de Louis XV ; les armoiries des rois de France figuraient au-dessus de la porte-fenêtre du balcon ouvrant sur la place, d’après le plan que l’architecte Ange Brun dressa pour transformer cette demeure privée en maison commune.
L’achat de 1851. La maison commune devenue trop exiguë, le maire, M. Durand-Auzias, et son conseil municipal décidèrent en 1851 l’achat d’un hôtel de ville plus important, sur l’ancienne place du Marché. L’hôtel particulier Chabert-Guilleminet, bâtisse du XVIIIe siècle spacieuse et dotée d’une cour intérieure, correspondait mieux aux besoins de la commune. Il était en vente après le décès de MM. Reydon et Chambon, d’Alès, héritiers des Chabert et Guilleminet : il fut acheté 21 000 francs, plus les frais d’enregistrement et de purge d’hypothèques. Louis Chambon avait œuvré pour les pauvres de la commune et fait don à la municipalité d’une somme importante, en échange d’une messe célébrée pour lui à dates régulières.
Le 16 novembre 1851, avant l’installation dans le nouvel hôtel de ville, le curé de Roquemaure, Eugène Nicolas Petitjean, fut invité à le bénir. À l’issue d’une grand-messe, le curé, ses deux vicaires et les membres de la fabrique se rendirent en procession jusqu’à l’hôtel de ville, où les attendaient notamment le maire, les adjoints et les membres du conseil municipal. Après la cérémonie, l’administration municipale, suivie d’une partie de la population, raccompagna le curé jusqu’à l’église.
Un monument historique. La disposition des pièces sur trois niveaux, l’ordonnance classique de la façade, à six travées verticales de baies alignées, l’entrée monumentale dans la travée centrale, les cheminées d’époque Louis XV, les décors, les boiseries et les portes intérieures en noyer Louis XV en font un immeuble très élégant. La façade et la toiture sont inscrites au titre des Monuments historiques par arrêté du 6 décembre 1949. La salle des mariages est classée depuis le 26 août 1927 ; elle a été rénovée sous le contrôle des Monuments historiques en 1996.
La place de l’Hôtel-de-Ville. Elle s’est appelée « la Place », puis place du Marché, et enfin place de l’Hôtel-de-Ville. En 1578, par lettres patentes, le roi Henri III y établit le marché tous les vendredis. Elle est bordée de beaux hôtels particuliers. Sur la façade de l’immeuble qui prolonge la mairie, restructuré au XVIIIe siècle, des vestiges de baies du XVIe siècle confirment son origine. Une partie des couverts fut modifiée en 1726. La maison qui les surmonte fut entièrement rénovée, selon la mode du XIXe siècle, par Étienne Marin, riche négociant en vins, qui fit venir d’Italie les plus grands artisans. L’autre partie des couverts médiévaux fut transformée dans les années 1970.
Merci à Isabelle Tichit pour ses éléments historiques.